Face au déclin rapide des milieux aquatiques en Europe, les jardins peuvent jouer un rôle bien plus important qu’on ne l’imagine. C’est dans cette perspective que l’association publie en ligne un mini-guide consacré à la création d’une minimare dans son jardin.
Les mares font partie des habitats les plus riches en biodiversité, mais aussi parmi les plus menacés. En Europe, près de 50 % des mares ont disparu au cours du dernier siècle, entraînant un déclin marqué de nombreuses espèces, en particulier les amphibiens, les insectes aquatiques et certaines plantes spécialisées. Pourtant, même à très petite échelle, ces milieux peuvent être recréés et jouer un rôle écologique majeur.

Pourquoi une minimare fait la différence
Une minimare est un écosystème aquatique peu profond, généralement inférieur à deux mètres, capable d’accueillir rapidement une grande diversité d’organismes. Amphibiens, libellules, coléoptères aquatiques, plantes hydrophytes ou encore micro-organismes y trouvent des conditions favorables à leur cycle de vie.
Au-delà de la biodiversité, les mares jouent également un rôle fonctionnel important :
- elles participent à la régulation du cycle de l’eau,
- stockent temporairement les eaux de pluie,
- limitent le ruissellement et l’érosion des sols,
- contribuent à la résilience des jardins face aux épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs.
Même une mare de petite taille peut ainsi avoir un impact écologique réel et mesurable.
Un guide fondé sur l’écologie scientifique
Le Guide de création d’une minimare propose une approche pas à pas pour concevoir une mare fonctionnelle, durable et adaptée aux espèces locales.

Le guide aborde notamment :
- le choix d’un emplacement favorable, notamment en conditions semi-ombragées,
- l’importance des pentes douces et des profondeurs différenciées pour créer des micro-habitats,
- le rôle clé des substrats naturels dans la filtration de l’eau et la stabilité de l’écosystème,
- l’aménagement des abords pour offrir des refuges terrestres complémentaires,
- l’utilisation de l’eau de pluie afin de préserver l’équilibre chimique du milieu.
L’objectif n’est pas de créer un bassin décoratif, mais un véritable habitat aquatique, capable d’évoluer naturellement et de se coloniser progressivement.
Observer la vie s’installer
L’une des dimensions les plus marquantes de la création d’une mare est l’observation de la colonisation naturelle. En quelques semaines, des insectes aquatiques peuvent apparaître, suivis parfois de grenouilles, de tritons ou de libellules. Ces espèces jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème, en régulant les populations et en structurant les réseaux trophiques.
La mare devient alors un espace vivant, évolutif, et un formidable support de sensibilisation à l’écologie, notamment pour les enfants.
Un outil pour agir à son échelle
Ce mini-guide s’inscrit dans la démarche de proposer des actions simples, accessibles et scientifiquement fondées, permettant à chacun·e d’agir concrètement en faveur du vivant.
Créer une minimare, même modeste, c’est contribuer à restaurer un habitat rare, renforcer la trame écologique locale et redonner une place au sauvage dans des espaces du quotidien.
